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Le béluga : 10 faits étonnants sur la baleine blanche du Saint-Laurent

Avec sa peau d'un blanc éclatant qui se détache sur les eaux foncées du fleuve, le béluga ne passe jamais inaperçu. Véritable vedette du Saint-Laurent, il attire l'attention par son apparence unique et son air étonnamment expressif.

Vous croyez bien connaître cette baleine blanche? Derrière son air sympathique se cache pourtant une espèce fascinante, marquée par une histoire singulière et des comportements parfois surprenants.

On vous emmène à la découverte de 10 faits étonnants sur le béluga, l'un des mammifères marins les plus emblématiques du fleuve.

 

1. C'est le seul cétacé qui vit dans le Saint-Laurent à l'année

Contrairement à bien d'autres espèces de cétacés qui parcourent des milliers de kilomètres chaque année (pensons notamment à la baleine à bosse, véritable globe-trotteuse des océans), la population de bélugas du Saint-Laurent y réside de façon permanente. Ces baleines blanches ont élu domicile dans le fleuve à l'année.

Fait intéressant : il s'agit de la population de bélugas la plus au sud au monde! Une caractéristique d'autant plus surprenante que l'espèce est généralement associée aux eaux arctiques. Le Saint-Laurent leur offre un habitat riche, varié et suffisamment productif pour qu'ils puissent y vivre, s'y nourrir et y élever leurs petits.

Durant l'été, ces bélugas occupent une vaste zone d'environ 200 kilomètres à travers l'estuaire. Leur territoire s'étend de L'Isle-aux-Coudres jusqu'à l'île du Bic, à l'ouest de Rimouski, en passant par Forestville, sur la Côte-Nord.

À cela s'ajoute le fjord du Saguenay, qu'ils fréquentent régulièrement, de l'embouchure jusqu'à Saint-Fulgence. Ce secteur est particulièrement riche en nutriments, en poissons et en zones de repos, ce qui en fait un carrefour important pour la population de bélugas.

Bref, le béluga n'est pas seulement un visiteur : sa présence à l'année en fait un véritable ambassadeur du Saint-Laurent!

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2. On le surnomme le « canari des mers »

Vous pouvez sûrement deviner la raison derrière ce surnom! Eh oui, le béluga est reconnu pour la grande variété de vocalisations qu'il produit : claquètements, grincements, gloussements, sifflements... Tout un répertoire sonore qui s'entend autant sous l'eau qu'en surface (mais qu’on peut seulement entendre si les conditions sont idéales). Ces sons constituent un langage complexe, dont plusieurs aspects sont encore étudiés.

Au-delà de la communication, ces vocalisations jouent un rôle essentiel dans l'écholocalisation, une sorte de sonar naturel qui permet au béluga de « voir » grâce au son. C’est une capacité que le béluga partage avec d'autres mammifères comme les dauphins ou les chauves-souris, et qui est indispensable pour se déplacer dans un environnement où la lumière pénètre peu.

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3. Il peut nager à reculons

Contrairement à la grande majorité des cétacés, dont le corps est conçu pour nager exclusivement vers l'avant, le béluga serait capable de nager à reculons!

Cette habileté, extrêmement rare chez les baleines et les dauphins, est rendue possible grâce à sa flexibilité anatomique, notamment au niveau du cou et de ses nageoires pectorales. Cette capacité bien spéciale permet au béluga de se repositionner rapidement, de manœuvrer pour éviter les obstacles et de s'éloigner plus efficacement de certains prédateurs.

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4. Son nom signifie « blanc » en russe

Le mot béluga vient du terme russe qui signifie « blanc ». Un nom logique quand on pense à la beauté immaculée de l'adulte... mais un peu trompeur lorsqu'on regarde les baleineaux!

En effet, le béluga ne naît pas blanc. À la naissance, sa peau est habituellement d’un brun pâle. Au cours de sa croissance, il traverse toute une palette de couleurs : brun durant la première année, bleuté vers la deuxième, gris pendant la jeunesse, avant d'atteindre ce fameux blanc pur qui le caractérise à l'âge adulte (vers 12 ans).

Bien sûr, cette coloration blanche n'est pas là par esthétisme : elle constitue un véritable camouflage naturel. Dans les environnements où dominent la neige, les glaces et la lumière polaire, cette couleur aide le béluga à se fondre dans le décor, le rendant plus difficile à repérer pour ses prédateurs.

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5. Il peut tourner la tête dans toutes les directions

Le cou du béluga est l'une de ses particularités les plus remarquables. Contrairement à la quasi-totalité des cétacés, dont les vertèbres cervicales sont soudées pour favoriser une nage puissante en ligne droite, le béluga possède sept vertèbres non soudées.

Résultat? Il peut tourner la tête d'un côté à l'autre, mais aussi de haut en bas, presque comme un humain. Cette mobilité est extrêmement rare dans le monde des baleines : seule une autre espèce partage ce privilège, soit le narval (la célèbre « licorne des mers »).

Cette flexibilité a une utilité importante. Dans les zones où la glace forme des labyrinthes naturels, pouvoir orienter sa tête permet au béluga de repérer ses proies, d'évaluer les obstacles et de naviguer avec précision dans un environnement souvent imprévisible.

 

6. La bosse sur le front du béluga s'appelle un « melon »

C'est bel et bien en raison de sa forme arrondie que cette bosse se nomme un « melon »! Tous les cétacés à dents (dauphins, cachalots, narvals) en possèdent un, mais le béluga se distingue par une capacité unique : il peut modifier volontairement la forme de son melon, ce qui lui permet de créer et de moduler une grande variété de sons.

Le melon agit comme un amplificateur acoustique, essentiel à l'écholocalisation, qu'il utilise pour communiquer, chasser et s'orienter dans les eaux sombres du Saint-Laurent. Lorsque le béluga émet une série de clics, ceux-ci traversent le melon, qui les focalise en un faisceau sonore précis. Les ondes projetées dans l'eau rebondissent sur tout ce qui se trouve à proximité et reviennent sous forme d'échos.

Ce sonar de haute précision devient particulièrement utile lorsque le béluga évolue dans des environnements complexes, comme à 500 mètres de profondeur ou dans des tunnels de glace du Grand Nord.

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7. La population de bélugas de l'estuaire du Saint-Laurent est menacée

Saviez-vous que le béluga a déjà fait l'objet d'une campagne d'éradication? Au début du 20e siècle, il était considéré comme l'ennemi numéro un des pêcheurs qui l'accusaient de manger les morues du secteur. Pour chaque queue de béluga, le pêcheur recevait une prime de 15 $ de la part du gouvernement du Québec. Ce programme a heureusement pris fin dans les années 1950, lorsqu'on a constaté que ces animaux se nourrissaient finalement très peu de morue.

Face au déclin inquiétant de la population de bélugas, le gouvernement du Canada en a interdit officiellement la chasse en 1979. La situation demeurait cependant préoccupante, au point où la protection de l'espèce a été l'un des principaux facteurs menant à la création du parc marin du Saguenay-Saint-Laurent en 1998. Cette aire marine protégée de 1 245 km² qui couvre une partie de l'estuaire du Saint-Laurent et de la rivière Saguenay a été établie conjointement par les gouvernements du Québec et du Canada à l’époque. Encore aujourd’hui, sa mission est de protéger ses écosystèmes pour les générations futures tout en permettant des activités éducatives, récréatives et scientifiques, dans une optique d'utilisation durable.

Malgré plusieurs mesures de protection, la population de bélugas du Saint-Laurent était estimée à seulement environ 1 850 individus en 2023. L'espèce demeure donc menacée, et chaque geste compte pour favoriser son rétablissement. Engagée dans la préservation de ce mammifère marin, Croisières AML est un acteur de premier plan dans la protection du béluga et de son habitat, notamment par sa cofondation de l'Alliance Éco-Baleine.

Depuis 2010, l'Alliance Éco-Baleine réunit des partenaires engagés, dont le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), la Sépaq et Parcs Canada, afin de promouvoir les plus hauts standards en matière d'excursions aux baleines écoresponsables. Grâce à une vingtaine d'indicateurs de performance, elle contribue à réduire les impacts des activités d'observation et à assurer leur développement durable dans le parc marin du Saguenay-Saint-Laurent.

 

8. Il est très sociable

Le béluga est l'un des cétacés les plus sociables. On le retrouve rarement seul : il évolue le plus souvent en groupes de deux à plusieurs dizaines d'individus. Les plus grands regroupements sont généralement composés de mères et de leurs petits, tandis que les mâles forment des groupes plus restreints et fidèles à leur territoire.

Cette organisation souple favorise une grande coopération au sein des groupes. Les bélugas chassent souvent ensemble, coordonnant leurs mouvements pour rabattre les proies ou explorer une zone de nourriture. Leur sociabilité s'exprime aussi dans une variété de comportements : ils se poursuivent, jouent et interagissent de manière tactile, comme s'ils renforçaient continuellement les liens du groupe.

On observe également chez eux des plongées synchronisées, suivies de remontées simultanées à la surface, un comportement qui en dit long sur leur cohésion et leur capacité à agir de façon concertée.

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9. Le béluga n'a pas de nageoire dorsale

Contrairement à la plupart des autres baleines, le béluga ne possède pas de nageoire dorsale. Cette particularité anatomique est une adaptation remarquable à son environnement nordique. En effet, l'absence de nageoire lui permet de se glisser plus aisément sous la glace, sans risque de se heurter à des plaques ou de se coincer dans des passages étroits.

À la place, le béluga est doté d'une bosse ou d'un renflement, parfois appelé « crête dorsale », qu'il utilise de manière très ingénieuse. Grâce à cette structure rigide combinée à la force de sa tête, il peut fracturer la glace en surface afin de créer des trous de respiration. Dans les eaux polaires, on l'a même observé briser des couches de glace pouvant atteindre jusqu'à 10 cm d'épaisseur simplement en poussant de la tête.

Cette capacité est cruciale pour sa survie : elle lui permet non seulement de respirer dans des environnements exigus ou changeants, mais aussi de circuler dans des zones que d'autres cétacés n'oseraient jamais fréquenter.

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10. Il est possible d'adopter un béluga

Saviez-vous qu'il est possible d'adopter un béluga du Saint-Laurent? Offerte par le Groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins (GREMM), cette initiative permet de jumeler une personne ou une organisation avec un béluga bien connu des chercheurs grâce à la photo-identification. Chaque animal suivi possède une histoire, une personnalité et un parcours unique auxquels vous pouvez désormais contribuer.

Adopter un béluga, c'est bien plus qu'un geste symbolique : c'est un soutien concret à la recherche scientifique et aux efforts de conservation de cette population encore menacée. C'est aussi une façon de démontrer votre attachement au Saint-Laurent et à ses habitants, tout en suivant l'évolution de votre béluga protégé d'année en année.

Comment fonctionne l'adoption?

  1. Choisissez votre béluga dans l'album de famille préparé par le GREMM.

  2. Donnez-lui un nom. Celui-ci deviendra officiel et sera utilisé dans toutes les communications scientifiques futures concernant votre béluga.

  3. Effectuez votre don de 5 000 $, qui servira à financer le Projet Béluga Saint-Laurent, un vaste programme de recherche et de protection de l'espèce.

  4. Recevez régulièrement des nouvelles, autant de votre béluga que des avancées scientifiques rendues possibles grâce à votre contribution.

On espère que ce voyage au cœur du monde fascinant du béluga vous aura permis d'en apprendre un peu plus sur cette baleine emblématique du Saint-Laurent, aussi mystérieuse qu'attachante!

Sources : 

Fiche espèce béluga - Québec.ca

5 faits surprenants sur le béluga du St-Laurent

Baleines en direct - Béluga

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